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Chantilly

 

Quel emoi !

 


Hier, le podium du Grand Prix GCT EADS était entièrement féminin. Aujourd’hui, renversement de tendance avec un podium complètement masculin et surtout totalement français. Victoire de Michel Robert et Kellemoi de Pepita dans le Grand Prix Equidia de Chantilly. Une belle conclusion à trois jours riches en émotions. 


Après cette prise de pouvoir des cavalières hier, les Français se sont retroussés les manches et ont assuré le spectacle dans un magnifique barrage à douze cavaliers et… sans cavalière cette fois : les Bleus avaient pris la moitié de ces places de finaliste. Michel Robert avait une revanche à prendre sur le sort : « Hier, j’étais 19ème et le premier non qualifié pour la seconde manche du Global Tour. J’avais envie de gagner cette épreuve, ça ne l’a pas fait, il fallait donc que je gagne ce Grand Prix Equidia aujourd’hui ». Et pourtant, l’épreuve s’est courue très très vite. Au moment où Michel et Kellemoi sont entrés en piste, deux cavaliers français, Roger-Yves Bost (Nifrane de Kreisker) et Simon Delestre (Mélodie Ardente) étaient en tête dans le même dixième de seconde avec 4 dixièmes à l’avantage de Bosty, un cavalier réputé pour ne pas traîner en chemin : « Mais moi aussi, ça ne me fait pas peur d’aller vite, s’amusait Michel Robert, ma jument sait le faire. J’avais plutôt peur de faire une faute ! Je viens de connaître une petite période de malchance, des petits 4 points, un incident de matériel à Aix-la-Chapelle, il suffisait de patienter ».
Comme l’ensemble des cavaliers qui ont découvert ce jumping de Chantilly "nouvelle version", le champion français, était emballé par la qualité de l’événement : « J’étais venu une seule fois à Chantilly avant, j’y avais remporté le Grand Prix national avec Olympia. Quand Édouard de Rothschild m’a dit qu’il avait l’intention d’y construire une nouvelle piste pour faire venir le Global Champions Tour, j’ai tout de suite adhéré, convaincu de la réussite de ce projet ».
Aujourd’hui encore, la tribune de 4.000 places était remplie tandis que l’espace payant accueillait 1.200 personnes (parmi lesquelles Thierry Lhermitte, Jean Rochefort, Charles Berling et Eric Woerth) ajoutées au petit millier de spectateurs répartis autour de la piste, cela fait 6.200 supporters qui ont encouragé les cavaliers français aujourd’hui : « Je sentais que ce public attendait une victoire française et il m’a franchement poussé. J’ai déjà entendu beaucoup de Marseillaises, mais j’avoue que celle-là m’a fait verser une larme» Quel émoi !
« Nous sommes vraiment dans un environnement de cheval, soulignait l’une des responsables du circuit du Global Champions Tour. Il y a un vrai bon public ici, c’est peut-être la plus belle étape de notre circuit. » C’est donc clair, le « GCT » reviendra à Chantilly en juillet 2010. L’histoire d’amour entre ce public (cantilien en partie car beaucoup de spectateurs venaient de loin… beaucoup de Normands notamment) et le saut d’obstacles de haut niveau se consolide.  Nouvelles émotions en perspective.

 

De vraies Princesses !

Jamais une femme n’avait remporté un Grand Prix de Chantilly. Pour la première édition du jumping en version « 5 étoiles », elles ont trusté le podium. Première victoire de l’Américaine Laura Kraut en Global Champions Tour devant la Française Pénélope Leprevost (le public était ravi) et l’Australienne Edwina Alexander.

Marwan Lahoud, vice-président d’EADS, partenaire de ce Grand Prix, est également un expert de la chose équestre. Lui-même cavalier, il a son avis sur cette féminisation du saut d’obstacles : « Dans ce sport, il n’y a pas de guerre des sexes. Chacun a des chances identiques. Ces trois filles sont "d’excellents cavaliers" avant tout. Hommes et femmes, avec leurs propres atouts, sont à armes égales dans ce sport. » Et Edwina Alexander d’expliquer : « Chacun, homme ou femme, a la possibilité de trouver le cheval qui lui convient. Les progrès de l’élevage depuis 20 ans, la production de chevaux plus près du sang, nous a sans doute poussées en avant ces dernières années. Mais personne n’est avantagé parce qu’il est homme ou femme. » Toujours est-il qu’aujourd’hui, c’était bien la journée de la femme à Chantilly. Des femmes heureuses comme Laura Kraut : « Depuis le temps que je courrai après cette victoire en GCT, ça y est, enfin, je la tiens. Mais quel cheval ce Cedric ! Il était à l’aise sur cette grande piste après une semaine à Aix-la-Chapelle qui se court également sur un grand espace. Cela aura été une bonne préparation finalement. Et un coup de chapeau à Uliano Vezzani, le chef de piste. Il a fait un excellent travail aujourd’hui en ne laissant filtrer que dix sans faute dans la première manche alors qu’il y en avait 22 la semaine dernière à Aix-la-Chapelle supposé être le concours le plus dur au monde. »
Heureuse comme Pénélope Leprevost (Mylord Carthago*HN) qui signe là son meilleur résultat individuel en extérieur, même si elle reste fidèle à elle-même, c’est à dire modeste : « J’ai eu beaucoup de chance en seconde manche et je dois encore apprendre à être plus rapide dans un barrage. Quand je regarde les parcours de Marcus Ehning (pourtant 7ème aujourd’hui avec une faute en première manche ndlr), je me rends compte que j’ai encore un bout de chemin à faire. »

Heureuse aussi Edwina et surtout rassurée après le refus d’Itot du Château dans le Grand Prix d’Aix-la-Chapelle : « L’affaire était visiblement oubliée, Itot est passé à autre chose. »
Ces trois princesses-là ont ravi les 6.500 personnes qui ont suivi ce Grand Prix de bout en bout : « C’était un challenge que de remplir cette grande tribune de 4.000 places, mais c’était un pari mesuré car le public cantilien nous suit depuis le début du jumping, se réjouissait Gérard Manzinali, président du comité organisateur. Nous sommes passés de 4.500 à près de 7.000 spectateurs. C’est un public de connaisseurs qui n’applaudit jamais au mauvais moment et reste en tribune jusqu’à la fin de la remise des prix. On ne voit pas ça partout. »
Jan Tops, directeur du Global Champions Tour, se réjouissait pour sa part d’avoir choisi Chantilly dans son circuit : « Il suffit d’écouter les cavaliers, ils sont dithyrambiques. Et Gérard est un excellent partenaire. C’est un grand concours ! »

Ce grand concours se poursuit demain avec le Grand Prix Equidia, une sorte de revanche où les cavaliers sortiront leur cheval de réserve. La revanche des hommes ?
 

 
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